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L’histoire du Prophète Issa expliquée aux enfants

Histoire du prophète Jésus (Issa) racontée aux enfants — NEA KIDZ

Votre enfant rentre de l’école. Il pose son cartable et vous regarde avec cette expression que vous connaissez bien — celle qui annonce une question difficile. « Papa, mon copain Lucas dit que Jésus c’est le fils de Dieu. Nous on dit quoi ? » Silence. Le coeur s’accélère. Pas parce que la question est dangereuse — mais parce que la réponse doit être juste. Précise. Et à la hauteur de la confiance qu’il vous fait.

L’histoire du Prophète Issa (alayhi salam) est l’une des plus belles du Coran. C’est aussi l’une des plus délicates à transmettre, parce qu’elle touche à un sujet que votre enfant rencontrera toute sa vie : la différence entre ce que les musulmans croient et ce que les chrétiens croient. Et cette différence, il faut la poser avec clarté, avec respect, et avec amour.

Dans cet article, vous trouverez l’histoire complète de Issa telle que le Coran la raconte : la famille de Maryam, sa naissance miraculeuse, ses miracles, ce que le Coran dit sur sa fin de vie, et ce que votre enfant peut répondre quand un camarade lui pose la question. Chaque affirmation est sourcée — Coran (sourate:verset) et hadiths (collection + degré). Pas de fatwa. Pas d’interprétation personnelle. Les faits, les sources, et les mots justes pour les transmettre.

Zakariya et Yahya : la famille qui prépare la venue de Issa

L’histoire de Issa ne commence pas avec Issa. Elle commence avec une famille qu’Allah a choisie et élevée au-dessus de toutes les familles du monde.

« Certes, Allah a élu Adam, Nouh, la famille d’Ibrahim et la famille de ‘Imran au-dessus de tout le monde. »
— Sourate Al-Imran, 3:33

‘Imran est le père de Maryam. Sa famille n’est pas n’importe quelle famille : c’est une lignée de piété, de dévotion et de service à Allah. Et dans cette famille, il y a un homme qui va jouer un rôle essentiel : le prophète Zakariya (alayhi salam).

Zakariya était un homme âgé. Sa femme était stérile. Ils n’avaient jamais pu avoir d’enfant. Mais Zakariya ne perdait pas espoir en Allah. Il avait été chargé de veiller sur la jeune Maryam, et chaque fois qu’il entrait dans le mihrab (son lieu de prière), il trouvait auprès d’elle de la nourriture — une nourriture qu’aucun humain ne lui avait apportée.

« Chaque fois que Zakariya entrait auprès d’elle dans le mihrab, il trouvait auprès d’elle de la nourriture. Il dit : « Ô Maryam, d’où te vient cela ? » Elle dit : « Cela vient d’Allah. Allah donne sans compter à qui Il veut. » »
— Sourate Al-Imran, 3:37

En voyant ce prodige, Zakariya comprit qu’Allah pouvait tout. Si Allah nourrissait Maryam sans cause apparente, alors Allah pouvait aussi lui donner un enfant malgré son âge et la stérilité de sa femme. Alors il invoqua Allah :

« C’est alors que Zakariya invoqua son Seigneur et dit : « Ô mon Seigneur, donne-moi, venant de Toi, une descendance bonne. Tu es Celui qui entend les invocations. » »
— Sourate Al-Imran, 3:38

Allah répondit. Les anges annoncèrent à Zakariya la naissance d’un fils : Yahya (Jean-Baptiste). Un prophète, confirmateur de la parole d’Allah, noble, chaste et vertueux.

« Les anges l’appelèrent pendant qu’il priait dans le mihrab : « Allah t’annonce la bonne nouvelle de Yahya, confirmateur d’une parole d’Allah, noble, chaste et prophète du nombre des gens de bien. » »
— Sourate Al-Imran, 3:39

Zakariya, stupéfait, demanda comment cela était possible — il était vieux, sa femme était stérile. Allah répondit simplement : « Ainsi Allah fait ce qu’Il veut » (Al-Imran, 3:40). Cette réponse est la clé de tout ce qui va suivre. Quand Allah veut une chose, aucun obstacle humain ne peut l’empêcher.

Yahya grandit et devint prophète. Il fut le premier à reconnaître la mission de Issa. Et c’est dans cette même famille, dans ce même climat de foi et de miracles, que Maryam allait vivre l’événement le plus extraordinaire de l’histoire humaine.

Maryam : la femme la plus citée du Coran

Un fait que beaucoup de gens ignorent — y compris beaucoup de musulmans : Maryam est la seule femme citée nommément dans le Coran. Pas Khadija, pas Aisha, pas Fatima. Maryam. Son nom apparaît 34 fois. Et une sourate entière — la 19e, Sourate Maryam — porte son nom.

Ce n’est pas un détail. C’est un honneur qu’Allah n’a accordé à aucune autre femme dans le Livre. Les anges eux-mêmes lui ont transmis ce choix :

« Et quand les anges dirent : « Ô Maryam, certes Allah t’a choisie et purifiée ; Il t’a choisie au-dessus des femmes des mondes. » »
— Sourate Al-Imran, 3:42

« Au-dessus des femmes des mondes » — pas de son époque, pas de son peuple. Des mondes. Toutes les femmes, de toutes les époques, de tous les peuples. Maryam occupe une place unique dans l’histoire de l’humanité.

La sourate At-Tahrim ajoute une précision sur sa foi :

« Et Maryam, fille de ‘Imran, qui préserva sa chasteté. Nous y insufflâmes de Notre Esprit. Et elle crut aux paroles de son Seigneur et en Ses Livres. Et elle fut du nombre des obéissants. »
— Sourate At-Tahrim, 66:12

Maryam n’était pas seulement choisie. Elle avait choisi. Elle avait choisi de croire, de se soumettre, d’obéir — avant même que l’épreuve la plus grande de sa vie ne survienne. Et c’est cette foi préparée, cette confiance construite au fil des années, qui allait lui donner la force d’affronter ce qui venait.

Ce que cela enseigne à nos enfants

Maryam est un modèle pour nos filles — et pour nos garçons. Elle montre que la grandeur devant Allah ne dépend pas de la force physique, du pouvoir ou de la richesse. Elle dépend de la foi, de la pureté d’intention et de l’obéissance à Allah. Maryam était une jeune femme, seule, sans pouvoir politique ni militaire. Et pourtant, Allah l’a élevée au-dessus de toutes les femmes de tous les temps.

L’annonce de Jibreel : la naissance miraculeuse

Maryam s’était retirée dans un lieu isolé pour prier. C’est là que Jibreel (l’ange Gabriel) lui apparut sous une forme humaine. Le Coran raconte la scène avec une précision saisissante :

« Nous lui envoyâmes Notre Esprit [Jibreel], qui se présenta à elle sous la forme d’un homme accompli. Elle dit : « Je me réfugie contre toi auprès du Tout Miséricordieux. Si tu es pieux, [ne m’approche pas]. » Il dit : « Je suis en fait un messager de ton Seigneur pour te faire don d’un fils pur. » Elle dit : « Comment aurais-je un fils, quand aucun homme ne m’a touchée, et que je ne suis pas prostituée ? » Il dit : « Ainsi sera-t-il ! Cela M’est facile, a dit ton Seigneur. Et Nous ferons de lui un signe pour les gens et une miséricorde de Notre part. C’est une affaire déjà décidée. » »
— Sourate Maryam, 19:17-21

La réaction de Maryam est extraordinaire. Face à un homme inconnu qui apparaît devant elle, sa première réaction n’est pas la panique — c’est de se réfugier auprès d’Allah. « Je me réfugie auprès du Tout Miséricordieux. » Cela montre à quel point Allah était présent dans chaque instant de sa vie.

Et la question qu’elle pose est légitime, naturelle, humaine : « Comment aurais-je un fils, quand aucun homme ne m’a touchée ? » Elle ne doute pas d’Allah. Elle cherche à comprendre. Et la réponse de Jibreel est limpide : « Cela M’est facile. » Pour Allah, créer un être humain sans père n’est pas plus difficile que de créer l’univers entier. Le Coran pose d’ailleurs un parallèle saisissant :

« Pour Allah, Issa est comme Adam qu’Il créa de poussière, puis Il lui dit « Sois » et il fut. »
— Sourate Al-Imran, 3:59

Adam n’avait ni père ni mère. Issa n’avait pas de père. Les deux furent créés par la même puissance : la parole d’Allah. « Sois » — et il fut. Ceux qui s’étonnent de la naissance de Issa sans père devraient d’abord s’étonner de la création d’Adam sans père ni mère.

Sous le palmier : l’épreuve de Maryam

Le moment de l’accouchement est l’un des passages les plus émouvants du Coran. Maryam est seule. Elle souffre. Et elle sait que ce qui l’attend après — les regards, les accusations, les soupçons de son peuple — sera peut-être plus douloureux encore que l’accouchement lui-même.

« Les douleurs de l’enfantement la menèrent au tronc du palmier. Elle dit : « Malheur à moi ! Que je fusse morte avant cet instant ! Et que je fusse totalement oubliée ! » Alors il l’appela d’au-dessous d’elle : « Ne t’afflige pas. Ton Seigneur a placé à tes pieds une source. Et secoue vers toi le tronc du palmier : il fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres. Mange, bois et réjouis-toi. » »
— Sourate Maryam, 19:23-26

« Malheur à moi ! Que je fusse morte avant cet instant ! » — cette phrase montre toute la détresse de Maryam. Ce n’est pas une sainte impassible. C’est une femme qui souffre, qui a peur, qui se sent écrasée par ce qu’elle traverse. Et c’est précisément dans ce moment de faiblesse totale qu’Allah intervient.

Il ne l’abandonne pas. Il lui envoie trois signes concrets de soutien : une voix qui la rassure, une source d’eau à ses pieds, et des dattes fraîches tombant du palmier. Mange, bois et réjouis-toi. Allah prend soin d’elle jusque dans les détails physiques — la nourriture, l’eau, le réconfort.

Et quand elle devra affronter son peuple, Allah lui donne une consigne : ne pas parler. Ne pas se justifier. Laisser le bébé parler à sa place.

Le bébé qui parle au berceau

Maryam revient vers les siens avec son bébé dans les bras. Les accusations fusent immédiatement. Et Maryam, comme Allah le lui a ordonné, ne prononce pas un mot. Elle montre simplement le bébé. Son peuple est stupéfait : « Comment parlerions-nous à un bébé au berceau ? »

Et le bébé parle.

« Il dit : « Je suis vraiment le serviteur d’Allah. Il m’a donné le Livre et m’a désigné prophète. Où que je sois, Il m’a rendu béni ; et Il m’a recommandé, tant que je vivrai, la prière et la Zakat. Et la bonté envers ma mère. Il ne m’a fait ni violent ni malheureux. Et que la paix soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai, et le jour où je serai ressuscité vivant. » »
— Sourate Maryam, 19:30-33

Les premiers mots de Issa ne sont pas « je suis le fils de Dieu ». Ses premiers mots sont : « Je suis le serviteur d’Allah. » C’est le fondement de tout ce que l’Islam enseigne sur Issa. Il est serviteur. Il est prophète. Il est béni. Mais il est une créature d’Allah, pas Allah Lui-même et pas Son fils.

Ces versets contiennent aussi un programme de vie complet : la prière, la zakat, la bonté envers la mère. Issa, dès le berceau, annonce les valeurs qui guideront sa mission. Et il se décrit avec humilité : « Il ne m’a fait ni violent ni malheureux. » Issa est un prophète de douceur, de paix et de soumission à Allah.

Les miracles de Issa : signes d’Allah, pas pouvoirs personnels

Issa a accompli des miracles que le Coran décrit avec précision. Mais le Coran ajoute à chaque fois une précision essentielle : ces miracles n’étaient pas les siens. Ils venaient d’Allah. Issa n’agissait que « par la permission d’Allah ».

« Et [il sera] messager aux enfants d’Israël : « Je suis venu à vous avec un signe de votre Seigneur. Pour vous, je crée d’argile comme la forme d’un oiseau, puis je souffle dedans et, par la permission d’Allah, il devient un oiseau. Et je guéris l’aveugle-né et le lépreux, et je ressuscite les morts, par la permission d’Allah. » »
— Sourate Al-Imran, 3:49

« Quand Allah dira : « Ô Issa fils de Maryam, rappelle-toi Mon bienfait sur toi et sur ta mère, quand Je te fortifiai du Saint-Esprit […] Tu guérissais l’aveugle-né et le lépreux par Ma permission ; tu ressuscitais les morts par Ma permission. » »
— Sourate Al-Ma’ida, 5:110

« Par la permission d’Allah » — cette expression revient encore et encore. Ce n’est pas un détail stylistique. C’est le message central : le miracle vient d’Allah. Issa est l’instrument, pas la source. Comme Moussa qui fendit la mer — ce n’est pas Moussa qui avait le pouvoir, c’est Allah qui lui a donné ce signe. Comme Ibrahim qui sortit du feu indemne — ce n’est pas Ibrahim qui était ignifuge, c’est Allah qui ordonna au feu d’être frais.

Miracle Source coranique Ce que cela enseigne
Parler au berceau Maryam, 19:30-33 Allah donne la parole à qui Il veut, même un nouveau-né
Créer un oiseau d’argile Al-Imran, 3:49 La création appartient à Allah — Issa modèle, Allah donne la vie
Guérir l’aveugle-né Al-Imran, 3:49 ; Al-Ma’ida, 5:110 Allah est le Guérisseur — Issa est le messager de cette guérison
Guérir le lépreux Al-Imran, 3:49 ; Al-Ma’ida, 5:110 Aucune maladie ne résiste à la volonté d’Allah
Ressusciter les morts Al-Imran, 3:49 ; Al-Ma’ida, 5:110 La vie et la mort appartiennent à Allah seul

Chaque miracle de Issa est un signe — une preuve envoyée par Allah pour confirmer la mission de Son prophète auprès des enfants d’Israël. Ce ne sont pas des spectacles. Ce sont des arguments. Comme le dit le Coran : « un signe de votre Seigneur. »

« Ils ne l’ont ni tué ni crucifié » : ce que le Coran dit

C’est le point de divergence le plus net entre l’Islam et le christianisme. Le Coran affirme clairement que Issa n’a pas été crucifié et n’est pas mort sur la croix :

« Et à cause de leur parole : « Nous avons vraiment tué le Messie, Issa fils de Maryam, le messager d’Allah »… Or, ils ne l’ont ni tué ni crucifié ; mais ce n’était qu’un faux semblant ! […] Ils ne l’ont certainement pas tué, mais Allah l’a élevé vers Lui. Et Allah est Puissant et Sage. »
— Sourate An-Nisa, 4:157-158

Le Coran est direct. Issa n’est pas mort sur la croix. Ce qui s’est passé exactement — « un faux semblant » — les savants musulmans en ont discuté (certains disent qu’un autre homme lui a été substitué, d’autres interprètent différemment). Mais sur le fait central, le Coran ne laisse aucune ambiguïté : Allah a protégé Son prophète et l’a élevé vers Lui.

Pour un enfant, cela se résume ainsi : Issa n’est pas mort. Allah l’a sauvé et l’a élevé au ciel. Et il reviendra — nous y reviendrons dans la section suivante.

Le retour de Issa : une croyance islamique

Les musulmans croient que Issa (alayhi salam) reviendra sur terre avant le Jour du Jugement. Ce n’est pas une légende ni une opinion. C’est une croyance fondée sur des hadiths authentiques.

Le Prophète Muhammad (sallallahu alayhi wa sallam) a dit :

« Par Celui qui détient mon âme dans Sa main, il est imminent que le fils de Maryam descende parmi vous en tant que juge équitable. Il brisera la croix, tuera le porc, et abolira la jizya. L’argent débordera au point que personne ne l’acceptera plus. »
— Al-Bukhârî, n°2222 ; Muslim, n°155. Hadith sahih.

Que signifie ce hadith ? Issa reviendra, non pas comme un nouveau prophète avec un nouveau message, mais comme un homme juste qui appliquera la loi d’Allah. Il « brisera la croix » — c’est-à-dire qu’il clarifiera la vérité sur sa nature : il n’est pas le fils de Dieu, il est le serviteur d’Allah. Son retour mettra fin aux malentendus et rétablira la vérité.

Pour un enfant, c’est une perspective puissante : Issa est vivant. Allah l’a préservé. Et un jour, il reviendra pour que la vérité soit connue de tous.

Le parcours de Issa en un regard :

  • Naissance miraculeuse — sans père, par la parole d’Allah (« Sois », Al-Imran 3:59)
  • Parole au berceau — « Je suis le serviteur d’Allah » (Maryam, 19:30)
  • Prophète et messager — envoyé aux enfants d’Israël avec des miracles (Al-Imran, 3:49)
  • Ni tué ni crucifié — Allah l’a élevé vers Lui (An-Nisa, 4:157-158)
  • Retour avant le Jour Dernier — en juge équitable (Muslim, n°155)

Issa dans l’Islam et dans le christianisme : les différences

Votre enfant rencontrera forcément cette question. À l’école, dans la cour de récréation, peut-être même à la maison devant un documentaire. « C’est quoi la différence entre ce que nous on croit et ce que les chrétiens croient ? » Voici un tableau clair, factuel et respectueux.

Point Ce que l’Islam enseigne Ce que le christianisme enseigne
Nature de Issa Prophète et messager d’Allah, serviteur d’Allah (Maryam, 19:30) Fils de Dieu, de nature divine
Naissance Miraculeuse, sans père, par la parole d’Allah (Al-Imran, 3:59) Miraculeuse, sans père (point commun)
Crucifixion Issa n’a pas été crucifié — Allah l’a élevé vers Lui (An-Nisa, 4:157-158) Crucifié, mort et ressuscité
Message Adorer Allah seul, sans associé (Al-Ma’ida, 5:117) La rédemption par la foi en Jésus-Christ

La source coranique sur le message de Issa est explicite. Le Jour du Jugement, Allah demandera à Issa s’il a dit aux gens de le prendre, lui et sa mère, comme divinités. Et Issa répondra :

« Je ne leur ai dit que ce que Tu m’avais commandé : « Adorez Allah, mon Seigneur et votre Seigneur. » »
— Sourate Al-Ma’ida, 5:117

Ce verset est d’une clarté absolue. Issa lui-même témoignera qu’il n’a jamais demandé à être adoré. Son message, du début à la fin, était le Tawhid : l’unicité d’Allah.

Comment en parler avec des copains chrétiens

Votre enfant aura cette conversation. Peut-être demain, peut-être dans un mois. Voici comment le préparer — pas pour « gagner un débat », mais pour exprimer sa foi avec respect et intelligence.

Principe n°1 : Commencer par ce qui nous rapproche

« Tu sais, nous aussi on aime Jésus. Dans le Coran, il s’appelle Issa. C’est un très grand prophète pour nous. Et Maryam, sa maman, c’est la femme la plus respectée dans notre livre sacré. Il y a même une sourate entière qui porte son nom. »

Commencer par les points communs désarme la méfiance. L’enfant chrétien découvre que les musulmans ne « rejettent » pas Jésus — ils l’honorent différemment.

Principe n°2 : Expliquer la différence sans dénigrer

« La différence, c’est que pour nous, Issa est un prophète, pas le fils de Dieu. On croit qu’Allah n’a pas d’enfant. Mais on le respecte énormément. Il a fait des miracles incroyables par la permission d’Allah. »

Pas de « vous avez tort » ou « nous on a raison ». Juste : « voilà ce que nous croyons ». La fermeté dans la foi n’a pas besoin d’agressivité.

Principe n°3 : Accepter de ne pas convaincre

« Ton copain ne va peut-être pas être d’accord avec toi — et c’est normal. On n’est pas là pour forcer les gens à penser comme nous. Le Coran dit que chacun a sa religion. L’important, c’est que toi tu saches ce que tu crois et pourquoi. Et que tu restes respectueux et gentil, quel que soit ce que l’autre croit. »

Cet apprentissage est fondamental : la conviction n’a pas besoin de la validation de l’autre. Un enfant qui sait pourquoi il croit ce qu’il croit n’a pas besoin que tout le monde soit d’accord.

3 phrases que votre enfant peut retenir :

  • « Nous aussi on aime Issa. C’est un très grand prophète dans l’Islam. »
  • « Pour nous, il est un prophète, pas le fils de Dieu. On croit qu’Allah n’a pas d’enfant. »
  • « On ne pense pas pareil, et c’est pas grave. On peut quand même être amis. »

Ce sujet rejoint les réflexions que beaucoup de parents musulmans se posent face aux questions des enfants sur l’Islam. L’important est de préparer l’enfant avant que la question ne tombe — pas après.

3 leçons à transmettre avec cette histoire

Leçon 1 : Issa est un prophète — pas un dieu

C’est le message le plus important. Si votre enfant ne retient qu’une chose, que ce soit celle-ci : Issa est le serviteur d’Allah. Il est un prophète noble, un homme béni, un messager extraordinaire. Mais il est une créature, pas le Créateur. Le Coran répète ce message dans des dizaines de versets, et Issa lui-même le proclame dès le berceau : « Je suis le serviteur d’Allah » (Maryam, 19:30).

Leçon 2 : Maryam est un modèle de foi et de courage

Maryam a traversé l’une des épreuves les plus difficiles qu’un être humain puisse vivre : porter un enfant sans père dans une société qui allait l’accuser d’immoralité. Elle a tenu. Elle a fait confiance à Allah. Et Allah l’a élevée au-dessus de toutes les femmes des mondes. Pour nos filles, c’est un modèle puissant : la force ne vient pas du regard des autres, elle vient de la relation avec Allah.

Leçon 3 : Le respect ne signifie pas l’accord

L’Islam enseigne le respect des Gens du Livre (chrétiens et juifs). Le Prophète Muhammad (sallallahu alayhi wa sallam) avait des voisins chrétiens et juifs à Médine. Il faisait du commerce avec eux, les visitait quand ils étaient malades, respectait leurs droits. Le respect n’est pas conditionné à l’accord théologique. On peut dire « je ne suis pas d’accord avec cette croyance » tout en disant « je te respecte en tant que personne ».

Cette leçon est directement liée au guide des Prophètes dans son ensemble. Pour découvrir comment chaque prophète enseigne une vertu différente, consultez le guide des Prophètes pour enfants.

Ce qu’il faut retenir

L’histoire de Issa n’est pas un chapitre mineur du Coran. C’est un pilier. La croyance en Issa fait partie de la foi musulmane — tout musulman qui nie sa prophétie ou ses miracles sort de l’Islam. Et en même temps, tout musulman qui lui attribue une nature divine sort aussi de l’Islam.

L’équilibre est là, et il est précis :

  1. Issa est un prophète d’Allah. Noble, béni, auteur de miracles par la permission d’Allah. Pas un dieu, pas le fils de Dieu.
  2. Maryam est la femme la plus honorée du Coran. Modèle de foi, de courage et de soumission à Allah.
  3. La naissance de Issa est un miracle d’Allah. Comme Adam fut créé sans père ni mère, Issa fut créé sans père. « Sois » — et il fut.
  4. Issa n’a été ni tué ni crucifié. Allah l’a élevé vers Lui. Et il reviendra avant le Jour du Jugement.
  5. Le respect des chrétiens est un devoir. Nous ne partageons pas la même croyance sur Issa, mais nous partageons le respect, la coexistence et la dignité humaine.

La prochaine fois que votre enfant reviendra de l’école avec cette question dans les yeux, vous aurez les mots. Et ces mots, parce qu’ils sont fondés sur le Coran et la Sunna, ne changeront pas avec les modes ou les opinions. Ils resteront.

Pour prolonger cette découverte en famille, les histoires de Soulayman et Younous offrent d’autres leçons puissantes. Et pour ancrer la foi de votre enfant dans la confiance et l’amour d’Allah, chaque récit de prophète est une brique de plus dans cette construction.

Les collections audio NEA KIDZ consacrent plusieurs épisodes au Prophète Issa, à Maryam et à Zakariya — racontés comme des histoires du soir, en français, sans écran, avec les sources coraniques à chaque étape. Disponibles sur app.neakidz.com.

Questions fréquentes

Pourquoi les chrétiens disent que Jésus est le fils de Dieu et nous non ?

Parce que les chrétiens et les musulmans n’ont pas la même croyance sur la nature de Issa (Jésus). Les chrétiens croient qu’il est le fils de Dieu et qu’il a une nature divine. Les musulmans croient qu’il est un prophète et un serviteur d’Allah — extraordinaire, béni, auteur de miracles, mais humain. Le Coran est explicite : « Pour Allah, Issa est comme Adam qu’Il créa de poussière, puis Il lui dit Sois et il fut » (Al-Imran, 3:59). Sa naissance miraculeuse est un signe de la puissance d’Allah, pas une preuve de divinité. Adam aussi fut créé de manière miraculeuse, et personne ne dit qu’il est le fils de Dieu. Et Issa lui-même, selon le Coran, dira au Jour du Jugement : « Je ne leur ai dit que ce que Tu m’avais commandé : Adorez Allah, mon Seigneur et votre Seigneur » (Al-Ma’ida, 5:117). Cette différence de croyance n’empêche pas le respect mutuel — les musulmans honorent Issa comme l’un des plus grands prophètes d’Allah.

Maryam est la mère de Issa, mais qui est le père ?

Issa n’a pas de père humain. C’est un miracle d’Allah. Le Coran raconte que l’ange Jibreel (Gabriel) est apparu à Maryam pour lui annoncer qu’elle aurait un fils par la volonté d’Allah, sans qu’aucun homme ne l’ait touchée (Maryam, 19:17-21). Quand Maryam a demandé comment c’était possible, la réponse a été : « Cela M’est facile, a dit ton Seigneur. » Pour comprendre, le Coran donne un exemple encore plus fort : « Pour Allah, Issa est comme Adam qu’Il créa de poussière, puis Il lui dit Sois et il fut » (Al-Imran, 3:59). Adam n’avait ni père ni mère — il fut créé directement par Allah. La naissance de Issa sans père est du même ordre : un acte de la puissance d’Allah, pas quelque chose d’impossible pour Celui qui a créé l’univers entier.

Si Issa n’est pas mort, il est où maintenant ?

Le Coran dit qu’Allah a élevé Issa vers Lui : « Allah l’a élevé vers Lui. Et Allah est Puissant et Sage » (An-Nisa, 4:158). Les musulmans croient que Issa est vivant, préservé par Allah, dans un état que seul Allah connaît. Ce n’est pas la même chose que la mort — Issa n’est pas dans une tombe. Allah l’a protégé de ceux qui voulaient le tuer et l’a élevé. Les détails exacts de cet état ne nous sont pas connus, et c’est un domaine où l’on dit « Allahou a’lam » (Allah sait mieux). Ce qui est certain, c’est qu’il reviendra sur terre avant le Jour du Jugement, comme l’affirment plusieurs hadiths authentiques du Prophète Muhammad (sallallahu alayhi wa sallam), rapportés par Al-Bukhârî et Muslim.

Issa reviendra vraiment ? Quand ?

Oui, les musulmans croient que Issa (alayhi salam) reviendra sur terre. C’est une croyance fondée sur des hadiths authentiques. Le Prophète Muhammad (sallallahu alayhi wa sallam) a dit : « Par Celui qui détient mon âme dans Sa main, il est imminent que le fils de Maryam descende parmi vous en tant que juge équitable » (Al-Bukhârî, n°2222 ; Muslim, n°155). Son retour fait partie des grands signes de la fin des temps. Quant à la date exacte, personne ne la connaît — seul Allah connaît l’Heure. Le Coran dit : « Ils t’interrogent sur l’Heure. Dis : sa connaissance n’est qu’auprès d’Allah » (Al-A’raf, 7:187). Ce que le musulman sait, c’est que Issa reviendra, qu’il rétablira la vérité, et qu’il témoignera de ce qu’il a réellement enseigné : l’adoration d’Allah seul.

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