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L’histoire du Prophète Soulayman expliquée aux enfants

Histoire du prophète Soulayman (Salomon) racontée aux enfants — NEA KIDZ

Et si tu pouvais parler aux animaux ? Pas dans un dessin animé. Pas dans un rêve. Pour de vrai. Comprendre ce que dit le rouge-gorge sur la branche. Entendre une fourmi crier à ses soeurs de rentrer chez elles. Savoir ce que la huppe a vu en survolant un royaume lointain. Un homme a reçu ce don. Il s’appelait Soulayman, fils de Daoud (alayhima as-salam). Et cette capacité extraordinaire n’était que le début de ce qu’Allah lui avait accordé.

Le Coran raconte l’histoire de Soulayman dans plusieurs sourates — An-Naml, Sad, Saba, Al-Anbiya. Ce n’est pas l’histoire d’un super-héros. C’est l’histoire d’un roi qui avait tout — le pouvoir, la richesse, des armées de soldats, de djinns et d’oiseaux — et qui, malgré tout cela, restait un serviteur d’Allah. Humble. Reconnaissant. Tourné vers son Seigneur.

C’est exactement cette tension qui rend Soulayman si fascinant pour nos enfants : avoir tout, et rester humble. Avoir le pouvoir, et choisir la justice. Voici son histoire, telle que le Coran la raconte — avec les mots pour la transmettre à vos enfants, et les leçons qu’elle porte.

Le père de Soulayman : Daoud, le roi-prophète

Pour comprendre Soulayman, il faut d’abord connaître son père. Daoud (alayhi as-salam) n’était pas un roi ordinaire. C’était un prophète, un guerrier, et un homme dont la voix était si belle que les montagnes et les oiseaux louaient Allah avec lui.

« Nous avons certes accordé une grâce à Daoud de Notre part : « Ô montagnes, répétez avec lui (les louanges) ! Et vous aussi, les oiseaux ! » »
— Sourate Saba, 34:10

Allah avait révélé à Daoud le Zabour (les Psaumes), un livre sacré. Il lui avait aussi donné la sagesse pour juger entre les gens avec justice. Daoud était à la fois roi d’Israël et prophète d’Allah — une double responsabilité immense.

C’est dans cette famille que Soulayman a grandi. Un foyer de foi, de sagesse et de pouvoir. Et quand le moment est venu, Soulayman a hérité de son père — non pas simplement un trône, mais une mission.

« Et Soulayman hérita de Daoud et dit : « Ô gens, on nous a appris le langage des oiseaux ; et on nous a donné de toute chose. C’est là vraiment la grâce évidente. » »
— Sourate An-Naml, 27:16

Notez les mots de Soulayman : « la grâce évidente ». Il ne dit pas « regardez comme je suis fort ». Il ne dit pas « j’ai mérité tout cela ». Il dit : c’est une grâce. Un cadeau d’Allah. Dès le premier verset qui parle de lui, Soulayman reconnaît que tout vient d’Allah. Et c’est cette attitude qui traverse toute son histoire.

Pour découvrir comment les prophètes se transmettent la foi de génération en génération, notre guide des Prophètes retrace cette chaîne lumineuse d’Adam à Muhammad (sallallahu alayhi wa sallam).

Les pouvoirs de Soulayman : ce qu’Allah lui a accordé

Aucun roi sur terre n’a jamais reçu ce que Soulayman a reçu. Il l’avait lui-même demandé à Allah :

« Il dit : « Seigneur, pardonne-moi et fais-moi don d’un royaume tel que nul après moi n’aura de pareil. C’est Toi le grand Dispensateur. » »
— Sourate Sad, 38:35

Cette demande pourrait surprendre un enfant : « Pourquoi il demande un royaume ? C’est pas égoïste ? » La réponse est dans la suite de l’histoire. Soulayman n’a pas demandé le pouvoir pour en profiter. Il l’a demandé pour servir. Pour montrer que la puissance, quand elle est guidée par la foi, peut être un outil de justice et de miséricorde. Et Allah a exaucé sa demande au-delà de l’imaginable.

Voici ce qu’Allah a accordé à Soulayman :

Don Source coranique Ce que ça nous apprend
Le langage des oiseaux An-Naml, 27:16 La vraie connaissance est un cadeau d’Allah, pas un mérite personnel
Le commandement du vent Al-Anbiya, 21:81 Les forces de la nature obéissent à Allah, et Allah peut les soumettre à qui Il veut
Le commandement des djinns Saba, 34:12-13 Même les créatures invisibles sont sous l’autorité d’Allah
La compréhension de toutes les créatures An-Naml, 27:18-19 L’humilité, c’est écouter même les plus petits
Un royaume sans pareil Sad, 38:35 La grandeur vient d’Allah, et elle implique une responsabilité

« Et Nous lui assujettîmes le vent qui, par son ordre, soufflait modérément partout où il voulait. »
— Sourate Al-Anbiya, 21:81

Le vent obéissait à Soulayman. Pas un vent destructeur — un vent doux, « soufflant modérément », qui le transportait où il voulait. Imaginez un enfant qui entend cela : un prophète qui voyage sur le vent, qui commande aux oiseaux, qui comprend les fourmis. C’est plus puissant que n’importe quel super-héros. Et surtout, c’est vrai.

La fourmi qui a fait sourire un roi

C’est l’un des passages les plus touchants du Coran. Soulayman est en marche avec ses armées — des soldats humains, des djinns et des oiseaux, tous en rangs ordonnés. Une puissance militaire jamais vue. Et au milieu de cette procession immense, une petite fourmi voit l’armée approcher.

« Quand ils arrivèrent à la vallée des fourmis, une fourmi dit : « Ô fourmis, rentrez dans vos demeures, de peur que Soulayman et ses armées ne vous écrasent sans s’en rendre compte. » »
— Sourate An-Naml, 27:18

Une fourmi. Un insecte de quelques millimètres. Et le Coran rapporte ses paroles. Allah, le Créateur des cieux et de la terre, consacre un verset à ce qu’une fourmi dit à ses soeurs. Quelle leçon plus forte pour un enfant ? Personne n’est trop petit pour qu’Allah l’entende. Personne n’est trop petit pour que sa parole compte.

Et regardez la précision : la fourmi dit « sans s’en rendre compte ». Elle ne dit pas que Soulayman est méchant. Elle dit qu’il pourrait ne pas voir les fourmis. C’est une créature qui comprend la situation avec finesse — et qui protège les siens.

« Il [Soulayman] sourit, amusé par ses paroles, et dit : « Seigneur, inspire-moi pour que je rende grâce au bienfait dont Tu m’as comblé, ainsi qu’à mes père et mère, et pour que je fasse une bonne oeuvre que Tu agrées. Et fais-moi entrer, par Ta miséricorde, parmi Tes serviteurs vertueux. » »
— Sourate An-Naml, 27:19

Soulayman ne se moque pas. Il ne l’écrase pas. Il sourit. Un sourire tendre, amusé — le sourire d’un roi qui comprend le langage d’une fourmi et qui trouve cela merveilleux. Et immédiatement, il se tourne vers Allah. Pas vers ses soldats. Pas vers son propre pouvoir. Vers Allah.

Et la du’a qu’il fait à ce moment est l’une des plus belles du Coran. Il ne demande pas plus de pouvoir. Il ne demande pas plus de richesse. Il demande d’être reconnaissant.

À retenir — La du’a de Soulayman (An-Naml, 27:19) :

En arabe : Rabbi awzi’ni an ashkura ni’mataka allati an’amta ‘alayya wa ‘ala walidayya wa an a’mala salihan tardahu wa adkhilni birahmatika fi ‘ibadika as-salihin.

Traduction : « Seigneur, inspire-moi pour que je rende grâce au bienfait dont Tu m’as comblé, ainsi qu’à mes père et mère, et pour que je fasse une bonne oeuvre que Tu agrées. Et fais-moi entrer, par Ta miséricorde, parmi Tes serviteurs vertueux. »

Cette du’a est un trésor. Elle nous apprend à remercier Allah pour nous-mêmes ET pour nos parents, à demander la capacité de faire le bien, et à espérer la compagnie des vertueux. Un enfant qui l’apprend par coeur aura un compagnon pour la vie.

L’histoire de la fourmi est un magnifique point d’entrée pour parler à nos enfants de le partage et de l’attention aux autres — même les plus petits d’entre nous.

La huppe et la Reine de Saba

Soulayman inspectait ses troupes un jour et remarqua qu’un oiseau manquait : la huppe. Ce petit oiseau à la huppe colorée avait une mission de reconnaissance, et il n’était pas à son poste.

« Et il passa en revue les oiseaux et dit : « Pourquoi ne vois-je pas la huppe ? Est-elle parmi les absents ? Je la châtierai sévèrement, ou je l’égorgerai, ou bien elle m’apportera un argument explicite. » »
— Sourate An-Naml, 27:20-21

Soulayman n’est pas complaisant. Il est rigoureux. Un roi qui commande des armées ne tolère pas l’absence injustifiée. Mais il laisse une porte ouverte : « ou bien elle m’apportera un argument explicite. » La justice de Soulayman, c’est aussi écouter l’autre avant de juger.

Et la huppe revient avec une information extraordinaire :

« Elle [la huppe] dit : « J’ai appris ce que tu n’as point appris ; et je te rapporte de Saba une nouvelle sûre. J’ai trouvé qu’une femme est leur reine, que de toute chose elle a été comblée et qu’elle a un trône magnifique. Je l’ai trouvée, elle et son peuple, se prosternant devant le soleil au lieu d’Allah. » »
— Sourate An-Naml, 27:22-24

Une huppe — un petit oiseau — dit à un roi : « J’ai appris ce que tu n’as point appris. » Et Soulayman écoute. Il ne dit pas « qu’est-ce qu’un oiseau peut m’apprendre ? ». Il écoute, il vérifie, et il agit. C’est cela la sagesse : savoir que la vérité peut venir de n’importe où, même de la créature la plus inattendue.

La huppe décrit un royaume lointain — Saba, au Yémen — gouverné par une reine (que la tradition appelle Balqis) qui possède un trône magnifique. Mais elle et son peuple adorent le soleil au lieu d’Allah. Soulayman décide de lui envoyer une lettre, l’invitant à reconnaître Allah.

Le trône transporté en un clin d’oeil

Quand Soulayman apprend que la Reine de Saba va venir le visiter, il pose une question à ses conseillers :

« Il dit : « Ô notables ! Qui de vous m’apportera son trône avant qu’ils ne viennent à moi soumis ? » Un djinn redoutable dit : « Je te l’apporterai avant que tu ne te lèves de ta place. » Et celui qui avait une science du Livre dit : « Je te l’apporterai avant que tu n’aies cligné de l’oeil. » »
— Sourate An-Naml, 27:38-40

Avant que tu n’aies cligné de l’oeil. Le trône de la Reine de Saba — un trône monumental, à des centaines de kilomètres de là — se retrouve devant Soulayman en un instant. Et quelle est la réaction de Soulayman ?

Pas de la fierté. Pas de l’autosatisfaction. De la reconnaissance :

« C’est par la grâce de mon Seigneur, pour m’éprouver si je suis reconnaissant ou si je suis ingrat. » (An-Naml, 27:40)

Ce réflexe est la signature de Soulayman. Chaque fois qu’il reçoit quelque chose d’extraordinaire, il revient à Allah. Chaque fois. Sans exception. C’est cela le coeur de son histoire : la gratitude comme réponse à la puissance.

Balqis se soumet à Allah

La Reine de Saba arrive enfin. Soulayman a fait construire un palais avec un sol en verre poli, si transparent qu’on le confond avec de l’eau. Quand Balqis entre, elle retrousse sa robe, croyant marcher dans l’eau.

« On lui dit : « Entre dans le palais. » Quand elle le vit, elle le prit pour de l’eau profonde et elle se découvrit les jambes. Il dit : « C’est un palais pavé de cristal. » Elle dit : « Seigneur, je me suis fait du tort à moi-même : je me soumets avec Soulayman à Allah, Seigneur de l’Univers. » »
— Sourate An-Naml, 27:44

Ce moment est crucial. Balqis ne se soumet pas À Soulayman. Elle se soumet AVEC Soulayman à Allah. Soulayman ne l’a pas conquise par la force. Il ne l’a pas menacée. Il l’a impressionnée par les signes d’Allah — et elle a reconnu la vérité d’elle-même. C’est la dawah la plus noble : montrer, pas imposer.

Soulayman et les djinns : ce que le Coran dit vraiment

Quand un enfant entend « djinns », il pense immédiatement aux génies d’Aladdin — le génie bleu, les trois voeux, la lampe magique. C’est normal : la culture populaire a rempli ce mot d’images fantaisistes. Mais les djinns du Coran n’ont rien à voir avec les contes des Mille et Une Nuits.

Voici ce que le Coran nous apprend sur les djinns dans l’histoire de Soulayman :

« Et parmi les djinns il y en avait qui travaillaient sous ses ordres, par permission de son Seigneur. […] Ils exécutaient pour lui ce qu’il voulait : des palais, des statues, des plateaux comme des bassins et des marmites bien ancrées. »
— Sourate Saba, 34:12-13

Les djinns sont des créatures d’Allah, créées à partir de feu sans fumée (Sourate Ar-Rahman, 55:15). Comme les humains, ils ont le libre arbitre — certains sont croyants, d’autres non. Comme les humains, ils seront jugés au Jour Dernier.

Sous l’autorité de Soulayman — par la permission d’Allah, pas par magie — les djinns travaillaient. Ils construisaient des palais, des structures monumentales, des oeuvres d’art. Ce n’étaient pas des esclaves : c’était un ordre divin. Allah avait soumis les djinns à Soulayman comme épreuve et comme signe de Sa puissance.

Ce qu’il faut transmettre à l’enfant : les djinns existent. Le Coran le dit clairement. Ce ne sont ni des monstres ni des génies de dessin animé. Ce sont des créatures d’Allah, invisibles à nos yeux, qui vivent dans un monde parallèle au nôtre. On n’en a pas peur, on ne les invoque pas, on ne joue pas avec. Seul Allah a le pouvoir sur toute Sa création.

Si votre enfant pose d’autres questions sur le monde invisible, notre article sur les questions des enfants propose des réponses adaptées par âge.

La mort de Soulayman : la leçon que même les djinns ont apprise

La mort de Soulayman est l’un des récits les plus saisissants du Coran. C’est une scène qu’un enfant n’oublie jamais.

Soulayman est mort debout, appuyé sur son bâton. Les djinns qui travaillaient pour lui ne s’en sont pas rendu compte. Ils ont continué leur labeur pendant un long moment, croyant que le roi les observait toujours.

« Puis, quand Nous décidâmes sa mort, rien ne les mit au courant de sa mort, sauf un ver de terre qui rongea son bâton. Lorsqu’il s’écroula, il apparut clairement aux djinns que s’ils avaient su l’invisible, ils ne seraient pas restés dans le supplice avilissant [du travail]. »
— Sourate Saba, 34:14

Un ver de terre. La plus humble des créatures. C’est elle qui a révélé la mort du roi le plus puissant de l’histoire. Il y a dans cette scène une leçon d’une profondeur vertigineuse :

  • Les djinns ne connaissent pas l’invisible. S’ils l’avaient connu, ils auraient su que Soulayman était mort. Le Coran brise ici une croyance populaire : les djinns n’ont pas de pouvoirs surnaturels de connaissance. Seul Allah connaît le ghayb (l’invisible).
  • La mort vient à tous, même aux rois. Soulayman avait le vent, les djinns, les oiseaux, un royaume sans pareil. Et il est mort. Debout, certes — comme un serviteur en poste — mais il est mort. Aucun pouvoir ne protège de la mort.
  • Le ver de terre est un rappel. Allah utilise la créature la plus insignifiante pour révéler la vérité. Comme la fourmi plus tôt dans l’histoire, le ver de terre montre que rien n’est petit aux yeux d’Allah.

Pour un enfant, cette scène est à la fois impressionnante et rassurante. Impressionnante parce que même Soulayman, le plus grand roi, est retourné à Allah. Rassurante parce que seul Allah détient la connaissance de l’invisible — et c’est Lui qu’on invoque, pas les djinns, pas les amulettes, pas les superstitions.

Deux rois, deux chemins : Soulayman et Pharaon

Le Coran raconte l’histoire de beaucoup de rois. Mais deux se font face comme un miroir et son opposé : Soulayman et Pharaon (Fir’awn).

Tous les deux avaient le pouvoir. Tous les deux commandaient des armées. Tous les deux avaient des richesses immenses. Mais leur relation avec Allah était aux antipodes.

Soulayman (alayhi as-salam) Pharaon (Fir’awn)
Pouvoir Reconnaît que tout vient d’Allah Prétend être dieu lui-même
Réaction face à un signe Remercie Allah (An-Naml, 27:40) S’endurcit davantage
Rapport aux faibles Écoute une fourmi, sourit Opprime un peuple entier
Fin Meurt en serviteur d’Allah (Sad, 38:30) Se noie en criant sa foi trop tard
Jugement d’Allah « Quel bon serviteur ! » (Sad, 38:30) Un avertissement pour l’éternité

« Quel bon serviteur ! Il était plein de repentir. »
— Sourate Sad, 38:30

« Quel bon serviteur. » C’est Allah Lui-même qui dit cela de Soulayman. Le Créateur des cieux et de la terre complimente Son serviteur. Pas pour sa richesse. Pas pour son pouvoir. Pour son repentir — sa capacité à revenir vers Allah, encore et encore.

Pharaon, lui, a eu les mêmes signes. Moussa lui a montré miracle après miracle. Mais Pharaon a choisi l’arrogance. Il a dit : « C’est moi votre seigneur le plus haut » (An-Nazi’at, 79:24). Le pouvoir l’a aveuglé au lieu de l’éclairer.

La leçon pour l’enfant est limpide : ce n’est pas ce qu’on possède qui définit qui on est. C’est ce qu’on fait avec. Soulayman et Pharaon avaient le même niveau de pouvoir. L’un est devenu « le bon serviteur ». L’autre, un avertissement. La différence ? La gratitude. L’humilité. Le choix de se soumettre à Allah plutôt que de se prendre pour Allah.

Pour découvrir l’histoire complète de Moussa face à Pharaon, lisez l’histoire de Moussa racontée aux enfants.

Les 5 leçons de l’histoire de Soulayman

Chaque prophète porte un message central. Voici les cinq leçons que l’histoire de Soulayman transmet à nos enfants.

Leçon 1 : La gratitude est la réponse à tout

Quand Soulayman entend la fourmi, il remercie Allah. Quand il reçoit le trône de Balqis, il remercie Allah. Quand il contemple son royaume, il remercie Allah. La gratitude n’est pas un réflexe automatique — c’est un choix. Et Soulayman le fait à chaque instant.

Avec l’enfant : le soir, avant de dormir, nommez ensemble trois choses dont vous êtes reconnaissants. Un repas. Un sourire. Un moment de jeu. C’est la sunna de Soulayman : voir les bienfaits, et remercier Celui qui les donne.

Leçon 2 : Le pouvoir est une responsabilité, pas un privilège

Soulayman n’a pas utilisé ses armées de djinns pour conquérir. Il les a utilisées pour construire. Il n’a pas utilisé le vent pour détruire. Il l’a utilisé pour voyager. Le pouvoir est un outil — et la manière dont on l’utilise dit tout sur la personne.

Avec l’enfant : « Si tu avais un super-pouvoir, qu’est-ce que tu en ferais ? » La réponse de l’enfant révèle sa compréhension de la responsabilité. Guidez-le vers l’idée que le vrai pouvoir, c’est aider les autres.

Leçon 3 : Personne n’est trop petit pour compter

Une fourmi avertit ses soeurs. Une huppe rapporte une information qu’un roi ne possédait pas. Un ver de terre révèle la mort d’un roi. Les créatures les plus insignifiantes aux yeux du monde jouent des rôles décisifs dans le plan d’Allah.

Avec l’enfant : « Même quand tu te sens petit, Allah t’entend. Ta du’a compte. Ton effort compte. Ton sourire compte. Tu n’as pas besoin d’être grand pour faire de grandes choses. »

Leçon 4 : Écouter avant de juger

Soulayman écoute la fourmi. Il écoute la huppe. Il laisse à la huppe la chance de s’expliquer avant de la punir. Il invite la Reine de Saba plutôt que de l’attaquer. La sagesse de Soulayman, c’est l’écoute — toujours l’écoute en premier.

Avec l’enfant : « Quand ton frère ou ta soeur fait quelque chose qui t’énerve, est-ce que tu lui demandes pourquoi avant de te fâcher ? Soulayman, le roi le plus puissant du monde, demandait toujours « pourquoi » avant de décider. »

Leçon 5 : Seul Allah connaît l’invisible

Les djinns ne savaient pas que Soulayman était mort. Malgré leur force, malgré leur nature surnaturelle, ils n’avaient aucun accès au ghayb (l’invisible). Cette leçon est fondamentale : aucune créature — ni djinn, ni ange, ni prophète — ne connaît l’invisible sauf ce qu’Allah lui révèle.

Avec l’enfant : « Quand quelqu’un te dit qu’il peut prédire l’avenir, ou qu’il connaît des choses cachées, souviens-toi de cette histoire. Même les djinns ne savaient pas. Seul Allah sait. »

Écouter l’histoire de Soulayman en famille

L’histoire de Soulayman fait partie des 268 épisodes audio de l’application NEA KIDZ. Racontée dans un langage adapté, sourcée Coran et hadiths, sans écran — idéale pour le rituel du soir. L’enfant écoute les yeux fermés, et l’histoire fait son chemin. Le lendemain, il vous parlera des fourmis, de la huppe, du vent. Et vous aurez une conversation que vous n’auriez jamais eue autrement.

Découvrez aussi les histoires de Younous dans le ventre de la baleine et de Moussa face à Pharaon — chaque prophète porte un message unique qui complète les autres.

Questions fréquentes

Les djinns existent vraiment ?

Oui. Le Coran confirme leur existence dans de nombreux versets. La sourate Al-Jinn (72) leur est entièrement consacrée. Les djinns sont des créatures d’Allah, créées à partir de feu sans fumée (Ar-Rahman, 55:15). Comme les humains, ils possèdent le libre arbitre : certains sont croyants, d’autres ne le sont pas. Ce ne sont pas les « génies » des dessins animés. Le musulman croit en leur existence sans les craindre ni les invoquer. Seul Allah mérite d’être invoqué, et seul Allah détient le pouvoir sur l’ensemble de Sa création. Si votre enfant a des questions plus approfondies sur le sujet, consultez un savant de confiance.

Pourquoi Soulayman a demandé un royaume à Allah ? C’est pas égoïste ?

C’est une question que beaucoup d’enfants posent, et elle est excellente. Soulayman n’a pas demandé le pouvoir pour en profiter personnellement. Quand on regarde l’ensemble de sa vie dans le Coran, on voit qu’il a utilisé ce royaume pour établir la justice, inviter la Reine de Saba à reconnaître Allah, et glorifier son Seigneur. Sa demande venait d’une place d’adoration, pas d’ambition mondaine. D’ailleurs, juste avant cette demande (Sad 38:35), il dit « Seigneur, pardonne-moi » — il commence par demander le pardon, puis le royaume. Et Allah l’a qualifié de « bon serviteur » (Sad 38:30), ce qui confirme la pureté de son intention.

Est-ce que Soulayman c’est Salomon de la Bible ?

Oui, Soulayman dans le Coran correspond à Salomon dans la tradition biblique (fils de David/Daoud). Cependant, le récit coranique et le récit biblique diffèrent sur plusieurs points importants. Dans le Coran, Soulayman est un prophète d’Allah, pur et vertueux — Allah le décrit comme « un bon serviteur, plein de repentir » (Sad 38:30). Certains récits bibliques lui attribuent des égarements en fin de vie que l’islam ne reconnaît pas, car les prophètes en islam sont protégés des grands péchés. Les deux traditions partagent les éléments centraux (la sagesse, le royaume, le rapport aux animaux), mais la vision islamique insiste sur sa piété constante et sa soumission à Allah.

La Reine de Saba, elle existe dans l’histoire ?

Le Coran mentionne la Reine de Saba sans la nommer (le nom « Balqis » vient de la tradition islamique, pas du texte coranique). Historiquement, le royaume de Saba a bel et bien existé dans l’actuel Yémen — des vestiges archéologiques comme le barrage de Marib confirment l’existence de cette civilisation prospère. Plusieurs traditions — islamique, biblique, éthiopienne — mentionnent une reine de ce royaume. Le Coran confirme donc un fait historique vérifié (l’existence du royaume de Saba) tout en nous racontant un événement spirituel (sa soumission à Allah). Pour l’enfant, l’essentiel est que cette reine puissante a reconnu la vérité quand elle l’a vue — et c’est un acte de courage et d’intelligence.

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