Un homme est allonge sur le sable brulant du desert. On lui a pose un rocher sur la poitrine. Le soleil de midi tape sur son visage. Un homme riche, debout au-dessus de lui, crie : « Renie ta foi ! Dis que tu ne crois plus ! » Et l’homme au sol, avec le peu de souffle qu’il lui reste, murmure deux syllabes : « Ahad… Ahad… » — « Un seul… Un seul… » Cet homme s’appelle Bilal. Il etait esclave. Il est devenu la voix de l’islam.
L’histoire de Bilal ibn Rabah est l’une des plus puissantes de la sira. Elle parle de foi sous la torture, de liberte arrachee a l’injustice, d’un ancien esclave dont la voix a retenti sur toute la ville de Medine pour appeler les musulmans a la priere. Pour vos enfants, c’est un recit qui porte des valeurs concretes : le courage quand tout semble perdu, l’egalite entre les etres humains, et la conviction qu’une voix sincere finit toujours par porter.
Cet article raconte l’histoire complete de Bilal — de l’esclavage au premier adhan, et jusqu’apres la mort du Prophete ﷺ. Chaque etape est sourcee dans le Coran et les hadiths authentiques. Si vous explorez les grandes figures de l’islam avec vos enfants, notre article sur les Compagnons et Heroines vous donne la vue d’ensemble.
A retenir : l’histoire de Bilal en 5 moments-cles
- Avant l’islam : Bilal est esclave a La Mecque. Il n’a aucun droit, aucune voix, aucun statut.
- La conversion : Il decouvre le message du Prophete ﷺ et embrasse l’islam. Son maitre decide de le briser.
- La torture : Pierre sur la poitrine, soleil brulant, coups. Bilal repond par un seul mot : « Ahad » — Allah est Un.
- La liberation : Abu Bakr as-Siddiq achete Bilal et lui rend sa liberte. Bilal devient un homme libre et un Compagnon du Prophete ﷺ.
- Le premier adhan : A Medine, le Prophete ﷺ choisit Bilal pour appeler les musulmans a la priere. La voix de l’esclave affranchi retentit sur toute la ville.
Bilal avant l’islam : un homme sans voix
A La Mecque, avant l’islam, la societe fonctionnait sur un systeme rigide. Les tribus arabes puissantes dominaient. Les esclaves n’avaient aucun droit — ni parole, ni propriete, ni protection. Ils appartenaient a leur maitre comme un objet appartient a son proprietaire.
Bilal ibn Rabah etait l’un d’eux. Les sources historiques (Ibn Sa’d dans les Tabaqat, Ibn Hisham dans la Sira) rapportent qu’il etait d’origine ethiopienne, noir de peau. Son maitre s’appelait Umayya ibn Khalaf, l’un des chefs les plus riches et les plus hostiles au message du Prophete ﷺ.
Dans cette societe, un homme comme Bilal n’existait pas. Il n’avait pas de nom qui comptait, pas de tribu qui le protegeait, pas de voix dans les assemblees. Il etait invisible. Et c’est justement cet homme-la qu’Allah allait placer au coeur de l’histoire de l’islam.
La conversion : quand la verite touche le coeur
Le message du Prophete Muhammad ﷺ se repandait discretement dans La Mecque. Il disait quelque chose de revolutionnaire : tous les etres humains sont egaux devant Allah. Un Arabe n’est pas superieur a un non-Arabe. Un maitre n’est pas meilleur qu’un esclave. Seule la piete compte.
« O humains ! Nous vous avons crees d’un male et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble d’entre vous, aupres d’Allah, est le plus pieux. »
— Sourate Al-Hujurat, 49:13
Ce verset est un seisme. Dans une societe ou votre valeur dependait de votre tribu et de la couleur de votre peau, le Coran declare que le seul critere qui compte est la piete. Pour un esclave comme Bilal, c’est une liberation interieure avant meme la liberation physique : devant Allah, il vaut autant que le chef de tribu le plus puissant.
Bilal ecouta le message et y crut. Il embrassa l’islam. Et a partir de ce moment, tout bascula. Parce que dans La Mecque de l’epoque, un esclave qui change de religion sans la permission de son maitre, c’est une revolte. Ce qui suivit fut terrible.
La torture : le rocher, le soleil, et « Ahad, Ahad »
Quand Umayya ibn Khalaf apprit que Bilal avait embrasse l’islam, sa reaction fut brutale. Il decida de le briser — non pas par des mots, mais par la douleur physique.
La methode etait calculee. Chaque jour, en plein midi, quand le soleil du desert arabe etait a son zenith et que le sable brulait au point qu’on ne pouvait pas y poser la main, Umayya faisait allonger Bilal a meme le sol. Puis il ordonnait qu’on pose un rocher enorme sur sa poitrine. Un rocher si lourd que Bilal ne pouvait plus bouger. A peine respirer.
Et Umayya se tenait au-dessus de lui et criait : « Tu resteras la jusqu’a ce que tu meures ou que tu renies Muhammad et que tu adores al-Lat et al-‘Uzza ! » Al-Lat et al-‘Uzza etaient des idoles que les Mecquois adoraient a l’epoque.
La reponse de Bilal est entree dans l’eternite. Avec le rocher sur la poitrine, le dos brulant sur le sable, le souffle coupe, il prononcait : « Ahad… Ahad… »
« Ahad » signifie « Un seul ». C’est l’affirmation la plus pure du tawhid — l’unicite d’Allah. Bilal ne pouvait plus former de phrases entieres. Il n’avait plus assez de souffle pour dire « La ilaha illa-Llah ». Alors il a choisi le mot essentiel. Le mot irreductible. Celui qui contient tout : Ahad. Allah est Un.
Cette scene est d’une puissance inouie. Voici un homme qui n’a rien — ni liberte, ni protection, ni force physique. On lui offre une sortie facile : « Dis juste un mot contre ta foi, et la douleur s’arrete. » Et il refuse. Pas une fois. Chaque jour. Pendant des semaines.
Le Coran evoque cette realite — celle des croyants contraints sous la torture — dans un verset qui, selon de nombreux commentateurs, concerne directement des situations comme celle de Bilal :
« Quiconque a renie Allah apres avoir cru… sauf celui qui y a ete contraint alors que son coeur demeure plein de la serenite de la foi. »
— Sourate An-Nahl, 16:106
Ce verset dit qu’Allah excuse celui qui, sous la torture, prononce des paroles de reniement pour sauver sa vie, tant que son coeur reste attache a la foi. Mais Bilal n’a meme pas utilise cette permission. Il a refuse de prononcer ne serait-ce qu’un mot contre sa croyance. Il a choisi la douleur plutot que le mensonge. La pierre sur la poitrine plutot que la trahison du coeur.
Abu Bakr achete la liberte de Bilal
Abu Bakr as-Siddiq etait le compagnon le plus proche du Prophete ﷺ. C’etait un homme riche, un commercant respecte. Quand il apprit ce que Bilal endurait, il ne fit pas de discours. Il agit.
Abu Bakr alla trouver Umayya ibn Khalaf et lui proposa de racheter Bilal. Umayya fixa un prix exorbitant — bien au-dessus de la valeur marchande d’un esclave — pour humilier Abu Bakr. Abu Bakr paya sans negocier.
Abu Bakr acheta Bilal et l’affranchit.
— Al-Bukhari, n°3755. Hadith sahih.
L’acte d’Abu Bakr n’est pas anodin. Dans la societe mecquoise, un homme de son rang qui depense sa fortune pour liberer un esclave noir est un acte de rupture sociale. Abu Bakr ne cherchait ni remerciement ni benefice. Il a vu un frere en islam souffrir, et il a utilise ce qu’il avait — son argent — pour le liberer. C’est l’islam en action : pas un discours sur l’egalite, mais un geste concret qui brise les chaines.
Le Coran fait l’eloge de cet acte. Dans la sourate Al-Balad, Allah parle de « l’obstacle » — le chemin difficile mais noble que l’homme doit choisir :
« Et qu’est-ce qui t’apprendra ce qu’est le passage difficile ? C’est affranchir un esclave. »
— Sourate Al-Balad, 90:12-13
Le premier acte noble cite par Allah dans ce verset, c’est la liberation d’un etre humain. Pas la priere. Pas le jeune. La liberation. Cela donne la mesure de ce qu’Abu Bakr a accompli ce jour-la. Pour en savoir plus sur ce Compagnon extraordinaire, decouvrez notre article Abu Bakr raconte aux enfants.
De l’esclavage a la liberte : le parcours de Bilal
| Etape | Ce qui se passe | Ce que ca change | La lecon |
|---|---|---|---|
| Avant l’islam | Bilal est esclave, sans droit ni voix | Il est invisible aux yeux de la societe | La valeur d’un etre humain ne depend pas de son statut social |
| La conversion | Bilal embrasse l’islam | Il decouvre qu’il est egal a tout le monde devant Allah | La verite libere l’esprit avant de liberer le corps |
| La torture | « Ahad, Ahad » sous le rocher brulant | Il prouve que sa foi est plus forte que la douleur | Personne ne peut enlever a quelqu’un ce qu’il croit au fond du coeur |
| La liberation | Abu Bakr le rachete et l’affranchit | Bilal devient un homme libre | La solidarite concrete vaut plus que les discours |
| Le premier adhan | Le Prophete ﷺ lui confie l’appel a la priere | Sa voix retentit sur toute Medine | Allah eleve qui Il veut — l’origine ne compte pas |
L’adhan de Bilal : le son qui a change l’histoire
Apres l’Hegire — la migration vers Medine –, la communaute musulmane grandit. Mais un probleme pratique se pose : comment rassembler les musulmans pour la priere ? Il n’y avait ni horloge, ni cloche, ni systeme d’annonce. Plusieurs propositions furent faites : une cloche comme les chretiens, un cor comme les juifs. Le Prophete ﷺ n’accepta aucune.
Puis un Compagnon, ‘Abdullah ibn Zayd, raconta un reve dans lequel un homme lui enseignait les paroles d’un appel : « Allahou Akbar, Allahou Akbar… Ash-hadou an la ilaha illa-Llah… » Le Prophete ﷺ reconnut que ce reve venait d’Allah. Et il se tourna vers Bilal :
« Leve-toi, o Bilal, et fais l’appel a la priere. »
— Al-Bukhari, n°602. Hadith sahih.
Pourquoi Bilal ? Parce qu’il avait la plus belle voix de la communaute. Et parce que le choix du Prophete ﷺ etait un message en soi : le premier homme a appeler les musulmans a la priere etait un ancien esclave africain affranchi. Pas un chef de tribu. Pas un noble arabe. Un homme que la societe avait place tout en bas — et qu’Allah avait eleve tout en haut.
Bilal monta sur le toit de la mosquee de Medine. Et pour la premiere fois dans l’histoire, l’adhan retentit. Les mots qui sortirent de sa bouche etaient les memes que ceux que les muezzins du monde entier prononcent encore aujourd’hui, plus de 1400 ans plus tard.
Bilal faisait l’adhan en prononcant deux fois chaque formule du takbir et de la chahada.
— Muslim, n°385. Hadith sahih.
Pensez a ce que cela signifie. La voix qui avait murmure « Ahad » sous la torture, ecrasee par un rocher, a peine audible — cette meme voix s’elevait desormais au-dessus de la ville entiere. Elle ne chuchotait plus. Elle proclamait. Elle appelait les riches et les pauvres, les Arabes et les non-Arabes, les anciens maitres et les anciens esclaves, a se tenir epaule contre epaule, pieds contre pieds, devant le meme Allah.
C’est peut-etre la plus belle image de l’islam : un homme libre parce qu’il a cru, debout parce qu’il a tenu bon, et dont la voix unit un peuple entier dans la priere.
Le Prophete ﷺ et Bilal : un lien unique
La relation entre le Prophete Muhammad ﷺ et Bilal etait particuliere. Bilal n’etait pas seulement le muezzin. Il etait un Compagnon intime, present a Badr, a Uhud, a toutes les grandes batailles. Le Prophete ﷺ lui faisait confiance et l’aimait profondement.
Un hadith eclaire cette relation de facon saisissante. Le Prophete ﷺ dit a Bilal :
« O Bilal, j’ai entendu le bruit de tes pas devant moi au Paradis. »
— Al-Bukhari, n°3754. Hadith sahih.
Arretez-vous sur ce hadith. Le Prophete ﷺ dit a Bilal qu’il l’a entendu marcher au Paradis. Pas dans un reve. Allah lui a montre. Bilal est au Paradis, et ses pas y precedent ceux du Prophete ﷺ lui-meme. C’est une annonce d’une portee immense : l’ancien esclave torture est parmi les premiers au Paradis.
Quand le Prophete ﷺ lui demanda ce qu’il faisait de special pour meriter cela, Bilal repondit qu’il ne connaissait rien de particulier, si ce n’est qu’a chaque fois qu’il faisait ses ablutions, jour ou nuit, il priait deux unites de priere. C’etait sa constance dans l’adoration — discrete, reguliere, sincere — qui lui avait valu cette place.
« En verite, Bilal fait partie des meilleurs. »
— Muslim, n°2458. Hadith sahih.
Pour vos enfants, ce lien entre le Prophete ﷺ et Bilal enseigne quelque chose de fondamental : en islam, la valeur d’une personne ne depend ni de sa couleur de peau, ni de son origine, ni de sa richesse. Elle depend de sa foi et de ses actes. Comme Omar ibn al-Khattab, un autre grand Compagnon, l’a dit un jour : « Abu Bakr est notre maitre et il a affranchi notre maitre » — en parlant de Bilal. Un calife qui appelle un ancien esclave « notre maitre ». C’est l’islam.
Bilal apres le Prophete ﷺ : le silence et l’adhan des larmes
Quand le Prophete Muhammad ﷺ mourut, quelque chose se brisa en Bilal. Il avait fait l’adhan pendant des annees — c’etait sa mission, son honneur, sa joie. Mais apres la mort du Prophete ﷺ, Bilal ne supportait plus de le faire. Chaque fois qu’il arrivait aux mots « Ash-hadou anna Muhammadan rasoulou-Llah » — « J’atteste que Muhammad est le Messager d’Allah » –, les larmes le submergeaient et sa voix se brisait.
Bilal demanda a Abu Bakr, devenu calife, la permission de partir au Sham (la region de la Syrie actuelle) pour le jihad. Il quitta Medine. Et il ne fit plus l’adhan.
Les recits rapportent qu’il ne le fit qu’une seule fois apres cela. Lorsqu’Omar ibn al-Khattab, devenu deuxieme calife, visita Jerusalem apres sa conquete, Bilal etait present. Les Compagnons lui demanderent de faire l’adhan une derniere fois. Bilal accepta. Et quand sa voix s’eleva, tous ceux qui avaient connu le Prophete ﷺ se mirent a pleurer. C’etait comme si le temps du Prophete ﷺ revenait un instant — porte par cette voix que Medine n’avait plus entendue.
Ce recit, rapporte par les historiens (Ibn ‘Asakir dans Tarikh Dimashq), est l’un des passages les plus emouvants de la sira. Il montre l’amour que Bilal portait au Prophete ﷺ — un amour si profond que sa mission la plus chere lui etait devenue insupportable sans celui pour qui il la faisait.
Bilal mourut au Sham, a Damas, vers l’an 20 de l’Hegire. Selon certaines sources, ses dernieres paroles furent : « Demain, je retrouve les bien-aimes — Muhammad et ses Compagnons. »
Ce que l’histoire de Bilal enseigne aux enfants
L’histoire de Bilal n’est pas un simple recit du passe. C’est un enseignement vivant, qui repond a des questions que vos enfants se posent — ou se poseront — sur la justice, le courage, l’egalite, et la foi.
1. La foi interieure est indestructible
Personne ne peut enlever a quelqu’un ce qu’il croit au fond de son coeur. Umayya avait le pouvoir physique de torturer Bilal, mais il n’a jamais eu le pouvoir de toucher sa foi. « Ahad » n’etait pas un mot de defi — c’etait un mot de verite. La verite la plus profonde que Bilal connaissait. Et aucune pierre, aussi lourde soit-elle, ne pouvait l’ecraser.
2. La couleur de peau ne vaut rien devant Allah
Le Prophete ﷺ a choisi un ancien esclave africain pour etre la voix de l’islam. Pas par hasard. Par conviction. Le Coran le dit clairement : « Le plus noble d’entre vous, aupres d’Allah, est le plus pieux » (Al-Hujurat, 49:13). Bilal est la preuve vivante de ce verset. Quand vos enfants entendent l’adhan, ils entendent l’heritage d’un homme qu’on avait voulu reduire au silence — et dont la voix resonne encore aujourd’hui. Pour approfondir cette notion avec vos enfants, notre guide sur la patience en islam explore les vertus qui ont forge des hommes comme Bilal.
3. La solidarite se mesure en actes
Abu Bakr n’a pas dit : « C’est terrible ce qui arrive a Bilal. » Il a paye. Il a libere. Il a agi. La solidarite en islam n’est pas un sentiment — c’est un geste. Le Coran place l’affranchissement d’un esclave en tete des actes nobles (Al-Balad, 90:12-13). Pour vos enfants, la lecon est directe : quand quelqu’un souffre et que tu peux l’aider, tu agis.
4. Allah eleve qui Il veut
Bilal etait tout en bas de l’echelle sociale mecquoise. Et pourtant, le Prophete ﷺ a entendu ses pas au Paradis (Al-Bukhari, n°3754). Omar l’a appele « notre maitre ». L’histoire de Bilal est la preuve que la grandeur, en islam, ne se mesure ni a la richesse, ni au rang, ni a l’apparence. Elle se mesure a la sincerite du coeur.
Les valeurs de Bilal a transmettre cette semaine
L’histoire de Bilal ne reste pas dans un livre. Voici des actions concretes a pratiquer en famille cette semaine :
- Ecouter l’adhan ensemble. La prochaine fois que l’adhan retentit (a la mosquee, sur une application, ou en voyage), arretez-vous et ecoutez-le avec votre enfant. Rappelez-lui : « La premiere personne a avoir prononce ces mots, c’etait Bilal. »
- Parler d’egalite. Posez la question a votre enfant : « Qu’est-ce qui rend une personne meilleure qu’une autre ? » Laissez-le repondre. Puis lisez ensemble le verset d’Al-Hujurat (49:13). La reponse du Coran est limpide : la piete, pas la couleur de peau ni la richesse.
- Pratiquer la solidarite. Abu Bakr a utilise son argent pour liberer Bilal. Demandez a votre enfant : « Si tu vois quelqu’un qui a besoin d’aide a l’ecole, qu’est-ce que tu peux faire ? » La solidarite se vit dans le quotidien.
- Repeter un mot de verite. Bilal repetait « Ahad » parce que c’etait la verite. Choisissez ensemble une formule du soir — « La ilaha illa-Llah » ou « SubhanAllah » — et repetez-la avant le coucher. Comme Bilal, on tient a ce qu’on croit.
- Raconter Bilal a quelqu’un. Demandez a votre enfant de raconter l’histoire de Bilal a un frere, une soeur, ou un camarade. Quand un enfant raconte, il integre. Ce qui est raconte est retenu.
Comment expliquer l’esclavage a un enfant
L’histoire de Bilal pose inevitablement la question de l’esclavage. Comment en parler a un enfant sans le choquer ni simplifier a l’exces ?
L’esclavage, c’est quand une personne est « possedee » par une autre. Elle doit travailler sans etre payee, elle ne peut pas partir, et elle n’a pas le droit de choisir sa propre vie. C’est une injustice enorme. Ca existait partout dans le monde a l’epoque de Bilal — et bien apres aussi.
L’islam n’a pas invente l’esclavage. Mais il a fait quelque chose que personne n’avait fait avant : il a declare que liberer un esclave est l’un des actes les plus nobles qui existent (Al-Balad, 90:12-13). Il a donne des droits aux esclaves. Il a interdit la maltraitance. Et surtout, il a affirme que devant Allah, un esclave vaut autant qu’un roi.
Pour un enfant de 5-6 ans, vous pouvez dire : « A l’epoque, certaines personnes n’etaient pas libres. D’autres personnes decidaient tout pour elles. C’etait tres injuste. L’islam a dit que c’etait mal, et que liberer quelqu’un est une tres bonne action. »
Pour un enfant de 9-12 ans, vous pouvez aller plus loin : « L’esclavage etait une realite dans le monde entier. L’islam a commence a le combattre en donnant des droits aux esclaves et en faisant de l’affranchissement un acte de devotion. L’histoire de Bilal montre que la valeur d’une personne ne depend pas de son statut — Bilal etait esclave, et il est devenu l’un des meilleurs hommes de toute l’humanite. »
FAQ : les questions que les parents posent vraiment
Pourquoi Bilal est-il si important dans l’islam ?
Bilal est important pour plusieurs raisons. Il est le premier muezzin de l’islam — le premier homme a avoir prononce l’adhan (Al-Bukhari, n°602). Il est un modele de resistance : torture pour sa foi, il a tenu bon en repetant « Ahad » (Allah est Un). Le Prophete ﷺ a annonce qu’il avait entendu ses pas au Paradis (Al-Bukhari, n°3754). Et surtout, Bilal incarne l’egalite en islam : un ancien esclave africain devenu l’une des voix les plus respectees de la communaute. Son histoire prouve que la valeur d’un etre humain, en islam, ne depend ni de la couleur de peau, ni de l’origine, ni du statut social — mais de la foi et de la piete (Al-Hujurat, 49:13).
Qu’est-ce que le mot « Ahad » que Bilal repetait ?
« Ahad » est un mot arabe qui signifie « Un seul ». C’est l’affirmation la plus condensee du tawhid — l’unicite d’Allah. Quand Bilal repetait « Ahad » sous la torture, il affirmait : « Allah est Un seul. Il n’y a de dieu que Lui. » Il ne pouvait plus former de phrases entieres a cause de la douleur et du poids du rocher sur sa poitrine. Alors il a choisi le mot irreductible — celui qui contient l’essence meme de la foi musulmane. Le mot « Ahad » apparait dans le Coran, notamment dans la sourate Al-Ikhlas (112:1) : « Dis : Il est Allah, l’Unique (Ahad). »
Bilal a-t-il refait l’adhan apres la mort du Prophete ?
Apres la mort du Prophete ﷺ, Bilal a arrete de faire l’adhan. Chaque fois qu’il arrivait aux mots « Ash-hadou anna Muhammadan rasoulou-Llah » (J’atteste que Muhammad est le Messager d’Allah), les larmes le submergeaient et il ne pouvait pas continuer. Il a quitte Medine pour le Sham (Syrie actuelle). Selon les recits historiques (Ibn ‘Asakir, Tarikh Dimashq), il n’a fait l’adhan qu’une seule fois apres cela : quand Omar ibn al-Khattab visita Jerusalem. Les Compagnons lui demanderent de le faire une derniere fois. Quand sa voix s’eleva, tous ceux qui avaient connu le Prophete ﷺ pleurerent. C’etait le dernier adhan de Bilal.
Comment expliquer l’esclavage a un enfant ?
Adaptez le vocabulaire a l’age. Pour un enfant de 5-6 ans : « A l’epoque de Bilal, certaines personnes n’etaient pas libres. D’autres personnes decidaient tout a leur place. C’etait tres injuste. » Pour un enfant de 9-12 ans, vous pouvez expliquer que l’esclavage existait dans le monde entier et que l’islam a commence a le combattre en declarant que liberer un esclave est l’un des actes les plus nobles (Sourate Al-Balad, 90:12-13), en donnant des droits aux esclaves, et en affirmant que tous les etres humains sont egaux devant Allah (Sourate Al-Hujurat, 49:13). L’important est de ne pas edulcorer l’injustice, mais de montrer que l’islam a pose les fondements de la dignite humaine universelle.
Un nom qui resonne encore
L’histoire de Bilal ibn Rabah est l’histoire d’un homme qui n’avait rien — ni liberte, ni statut, ni protection — et qui a tout gagne par sa foi. Il a tenu bon quand tout lui disait de ceder. Il a refuse de mentir quand le mensonge etait la sortie facile. Et quand il a ete libere, il a mis sa voix au service de la verite.
Chaque jour, cinq fois par jour, l’adhan retentit dans le monde entier. Les mots sont les memes que ceux que Bilal a prononces il y a plus de quatorze siecles. Chaque muezzin est, d’une certaine maniere, le successeur de Bilal. Et chaque enfant qui apprend cette histoire comprend une verite que le monde a souvent du mal a entendre : la grandeur d’un etre humain ne se mesure pas a ce qu’il possede, mais a ce qu’il porte dans le coeur.
Pour les enfants, Bilal est un repere. Pas un heros de legende. Un homme reel, qui a souffert, qui a tenu, et qu’Allah a eleve. Son histoire est accessible des 5-6 ans dans sa dimension narrative, et elle gagne en profondeur a chaque relecture. A 8 ans, l’enfant comprendra mieux la portee du « Ahad ». A 10 ans, il saisira l’importance de l’egalite. A 12 ans, il sera touche par l’adhan des larmes a Jerusalem.
Pour decouvrir d’autres grandes figures de l’islam avec vos enfants, consultez nos articles sur les Compagnons et Heroines et sur Abu Bakr raconte aux enfants.
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